L comme Loser

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Oui oui, c’est moi. Je reviens d’entre les morts si je puis dire. Un petit deal avec Hadès et c’est passé crème. Blague à part. Il y a encore quelques mois, je postais (plus ou moins) régulièrement sur mon blog. Mais depuis, rien, peanuts, néant total.

Alors que s’est-il passé au juste?

  • Réponse A : J’ai gagné une importante somme d’argent me permettant de tout quitter et d’aller nager avec les dauphins.
  • Réponse B : Je suis la « petite amie » de Josh Hutcherson mais comme il est déjà un peu pris, je ne peux pas vraiment m’exposer.
  • Réponse C : J’enchaîne les chats noirs.

On va partir sur la troisième option, voulez-vous ? Etant absente pendant plus d’un tiers de grossesse, je me voyais mal revenir la bouche en coeur en mode « coucou, c’est moi, bien ou bien ? ». Donc prépare-toi, personne qui me lit, aujourd’hui ça sera « Confessions Intimes ».

L comme Loser – chapitre 1

Si tu me suis sur les réseaux sociaux, tu devrais savoir que ma présence à Londres est due à une chose : mon stage de fin d’études. Oui, tu sais ce truc qui te rappelle que d’ici quelques mois, tu seras officiellement adulte. J’adore. Après deux bons mois de recherches, j’en avais trouvé un dans une startup flambant neuve qui me contait mille et une merveilles. Jusque-là tout va bien.

Sauf qu’au bout d’une semaine, j’ai « dû » démissionner. La situation faisait que s’en était devenue une obligation. Dès le premier jour, j’avais face à moi une patronne control-freak, froide et surtout qui aimait se la faire cavalier seul. Forcément, mes proches m’ont dit que j’agissais sous le coup de l’impulsivité. Pire que je faisais ma précieuse. Mais ayant passé mes derniers mois de master avec des personnes du même style, je me voyais mal rempiler pour six mois. Bien entendu, partir n’était pas chose aisée. J’avais quand même quitté famille, amis et fratrie pour venir ici ! Ceci dit, avoir mon copain de l’époque sur place a fait que j’ai eu moins peur de dire « sorry but not sorry » à ma future ex-boss.

Après m’être expliquée dans le calme et la bonne humeur, je suis repartie le coeur léger. Sauf qu’en rentrant chez moi, j’ai réalisé quelque chose. Pour la première fois de ma vie, je n’étais ni en vacances ou encore à l’école et c’était MON choix. Comme les ruptures amoureuses, au début, on est là « ouais yolo ! ». Puis deux secondes après, on se sent utile que Kelly Rowland et Michelle Williams dans les Destiny’s Child. Démissionner était la meilleure chose à faire, c’est sûr. Mais je l’ai très mal vécu. C’est un fait. Et résultat des courses, j’avais encore plus d’appréhension quant à l’avenir. Pire encore, je ne croyais plus en moi et n’avais envie de rien. Même une raclette ne m’attirait pas et ça veut dire beaucoup !

Donc qui dit sans activité professionnelle dit éventuel retour en France. Et si on va plus loin, cela veut également dire retour chez papa I maman. Comment vous dire. Non ! Au bout de deux jours de lamentation, je me suis remise à chercher ACTIVEMENT un nouveau stage. Linkedin, sites spécialisés, bouche à oreille, j’ai tout fait. Et cette fois-ci, j’ai voulu viser plus haut, « mais plus haut ! » Pour la petite histoire, je cherchais un stage dans les relations publiques. Mais ne sortant pas d’une formation axée communication, c’était juste hors de portée = mentalité de Français.

Mais j’ai osé. Suivi de plusieurs lettres de motivation et d’un CV fraîchement pimpé, bingo je décroche le graal : six mois dans une agence de relations publiques spécialisée dans la restauration. La nourriture, c’est un peu ma number one dans mon coeur donc imaginez ma joie !
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L comme Loser – chapitre 2

Je vous vois venir en vous disant « bon ok, ça a l’air de plutôt aller en fait, non ? Qu’est-ce qu’elle vient nous gonfler. » Ah, si c’était si simple.

Revenons deux ans en arrière. A ce moment-là, je débarquais dans « le Nord », fin plus précisément à Strasbourg pour finir mes études. Me considérant comme étant quelqu’un de plutôt sociable, je me suis plutôt vite intégrée à ma nouvelle classe. Et donc, suite à l’échec du premier stage, je n’avais clairement plus confiance en moi. Si mes proches m’avaient vue, ils auraient dit que c’était le jour et la nuit. Et comme vous pouvez le comprendre, me fondre dans la masse avec cette nouvelle équipe de collègues s’est avérée plutôt compliquée.

Il faut également ajouter les facteurs langues et coutumes. Autant vous dire que les blagues type Laurent Baffie, marchaient beaucoup moins ici. Après par manque de vocabulaire, il est vrai que des fois j’ai du mal à m’exprimer ce qui fait que : 1) frustration 2) personne peu bavarde et calme 3) collègue ennuyante à mourir. Des fois quand je m’entendais leur parler, j’avais mal pour eux. Vous savez, on connaît tous une personne qui bien que sympa fait que tu t’ennuies à mourir rien qu’en lui parlant. C’était moi !

Même s’il arrive de bien sympathiser avec des collègues quitte à se voir à l’extérieur en mode yolo, la donne n’est pas la même qu’à l’école. Ici, tu es payé pour effectuer des tâches dans l’attente d’un résultat recherché. Ton objectif se résume à être le plus efficace possible puis quand tu as le temps à être le plus agréable possible. Sur le plan professionnel, j’ai mis beaucoup de temps avant de me sentir à l’aise dans ce que je faisais. C’est pourquoi, copiner passait en second plan. Et si on souhaite créer des liens amicaux, il faut également prendre en compte la différence d’âge, de milieux, et de goûts de tes collègues. Comment vous dire. Vous avez autant de chance de trouver l’amour sur Tinder qu’ils ne deviennent tes bestas forever. Ne soyez donc pas surpris que vous soyez cantonné à cette relation « t’es sympa, mais à 19h salut salut ». Ceci dit, je m’entends bien avec mes collègues. Là n’est pas la question. Mais par exemple,  je ne suis pas invitée à leur brunch du dimanche.

Et puis contrairement à la fac, « être professionnel » prend tout son sens ici. Au lieu de dire « Putain mais mec, t’as fait de la merde ! T’as intérêt à rattraper cela car je veux pas me faire engueuler à cause de toi », tu diras « ne t’inquiète pas, je vais m’en charger. ». Même si tu maudis cette personne intérieurement. Relation « sympatico-professionnelle » oblige.

L comme Loser – chapitre 2 (bis)

18h arrive. La journée de travail se termine. Je redevenais de nouveau moi. Sauf que passer mes soirées sur Netflix avec mon chéri de l’époque, ça allait bien deux minutes. J’avais envie de partager des choses avec d’autres êtres humains et éviter le plus possible le trajet maison – boulot. C’est pourquoi, j’ai commencé à rencontrer voire sympathiser avec des Anglaises. Résultat : je me lâche quand même un peu moins que si j’avais été en présence de Français. J’ai donc voulu me faire des potes françaises. Après plusieurs rencontres, soit on avait rien en commun ou alors je tombais sur des nanas prétentieuses I égoïstes. Je suis un aimant à connasses. C’est prouvé. Et pour se rassurer, on se sort des phrases toutes faites type « tu sais, c’est bien d’être seule de temps en temps pour se retrouver. » Sauf que quand cet isolement est imposé, on explose. Et comme on déprime à cause de cela, dès qu’on rencontre de nouvelles personnes, on les fait fuir avec notre attitude « je me sens seule, aimez-moi ! ». Cercle vicieux bonjour !
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L comme Loser – chapitre 3

Alors face à la difficulté, il y a deux types de personnes. On a ma pote Margaux qui, malgré les obstacles, fait tout pour se bouger et tirer le meilleur d’une situation. Et puis il y a moi. Personne qui se défile en cherchant du réconfort là où il ne faut pas : la bouffe. Gros cliché, je sais. Levez les mains du clavier, si vous aussi, vous êtes comme ça. 

Pizza, bouffe indienne, pâtes carbos, j’ai tout fait. Bilan ? En trois mois, j’avais pris environ 5/6 kilos. Alors c’est sûr, je ne suis pas obèse. Mais déjà que j’avais peu d’estime de moi en me regardant dans le miroir. Alors là, je vous laisse imaginer ! Même si je ne me considère pas comme une blogueuse mode, faire des articles fashion reste quand même ce que je préfère. Mais vu mes derniers changements corporels, je vais faire l’impasse encore quelque temps. En tout cas, je vous prépare une nouvelle catégorie à ce sujet qui j’espère va te plaire.

L comme Loser chapitre 4

Déjà enfant, ma collection de bandes dessinées battait à plate couture l’équipe « ouvrages à texte ». Lire des blogs sans image, même combat. Alors oui, c’est sûr hormis la mode, j’aurais pu publier sur mes autres centres d’intérêt à savoir la gastronomie, l’art, etc. Sauf que.

Quelques semaines après être arrivée en terre anglaise, mon appareil photo Canon se casse. Oh joie ! Il n’avait même pas un an le bougre. Malgré tout, je l’emmène chez le docteur. Verdict ? Il fallait que je débourse l’équivalent de la moitié du prix d’origine en réparations. Oh joie bis ! D’ailleurs, je pense être tombée sur un bon ce jour-là. Le monsieur m’a quand même sorti « votre modèle est pas mal mais c’est du plastique et il va sûrement se recasser ». Maudite que je suis !

Après avoir pesé les pour et les contre, je rassemble mes dernières économies pour finalement m’acheter un hybride. Mais pas n’importe lequel, le même qu’a la blogueuse Noholita (Bordeaux RPZ). Et là encore, j’ai déchanté. Entre le Canon 100D et le mien, niveau prise en main, ce n’était pas du tout la même chose. Bien plus difficile à manier qu’un reflex à cause du nombre (important) de réglages, j’ai eu beaucoup de mal. À peine, je l’allumais, je ne comprenais rien et laissais tomber. A force, je n’y touchais quasiment plus. Attitude de winneuse n’est-ce pas ? D’ailleurs aujourd’hui, cela doit faire seulement deux semaines que je le taquine. C’est pourquoi sans photo, je me voyais mal vous écrire des articles. Cela est peut-être idiot. Mais pour moi, pour qu’un article soit réussi, il faut du contenu de qualité et de jolies photos pour illustrer. 
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L comme Loser – dernier chapitre

Avec toute cette m**** emmagasinée au cours de ces quatre derniers mois, la situation ne faisait pas rêver. Je me détestais encore plus. Rien ne me faisait envie et en m’enfermant sur moi-même, je grillais toutes mes relations. Le bon plan !

Par chance, il y a eu un déclic. QUAND MEME.

Le mien était magnifique. Il y a quelque temps, mon ancien cher et tendre a eu le malheur de devoir répondre à la question « Tu ne trouves pas que j’ai grossi ? ». Vous savez, la question où dans tous les cas le mec est mort. Manque de pot, il a mis les pieds dans le plat. Mais pour la bonne cause Aujourd’hui et depuis presque trois semaines, je suis un régime sportif couplé à une alimentation plus équilibrée. Et depuis que je l’ai commencé, je revis. Je suis beaucoup plus sûre de moi, plus souriante, plus moi en fait..

Vu que je me sens mieux dans mes baskets, pourquoi ne pas revenir sur le devant de la scène virtuelle ? Bloguer me manquait énormément et je sais qu’à l’avenir, j’y réfléchirais à deux fois si l’envie d’arrêter me prenait. PS: Si je remonte la pente aujourd’hui, c’est grâce à mes proches mais surtout grâce à Margaux. Quitte à flinguer ses soirées, elle a toujours été là pour m’écouter et me consoler. Sans ça, je ferais beaucoup moins la maline-là. Donc un grand merci à toi !l loser londres portrait sourire poppykoq blog

Epilogue

Tout au long de notre existence, on doit faire face à un nombre incalculable de galères : un ongle cassé, ton chat qui te vomit dessus, un abandon de poste et j’en passe. Et quand ça arrive, c’est tout à fait compréhensible de dire « à quoi bon, à quoi bon vivre sur cette terreeeee ! » 

Alors, si vous aussi vous êtes à un moment de votre vie où tout va mal, il faut vous poser les bonnes questions:

  • Pourquoi ça ne va pas ?
  • Quelles sont mes forces ?
  • Quels sont les obstacles à mon bonheur ?

Petit à petit, vous serez plus à même de savoir par quoi commencer pour vous sortir. Et puis comme dirait mon paternel « il n’y a pas de problème, que des solutions ».

12 Commentaires

  1. Reply
    Malou

    On a tous des passages à vides où on a l’impression que tout nous tombe dessus en même temps.
    Ton article est très bien écrit, c’est bien de laisser libre court à ses ressentis, il ne faut pas s’enfermer dans ses émotions négatives même si c’est compliqué. Certains me riraient au nez de voir mon commentaire parce que je suis en plein dans un passage un peu similaire. Mais on se relève de tout !
    Des bisous et pleins de câlins de courage et de motivation ! ♥

    1. Reply
      Poppykoq Post author

      Merci beaucoup Malou pour ce gentil commentaire. Ce n’était franchement pas simple de faire cet article. Mais je suis contente qu’il plaise. Je te souhaite bien du courage pour changer la tendance. Au bout d’un moment quand rien ne va et que tu n’as plus rien à perdre, c’est le meilleur moment pour rebondir. Bon aussi car tu n’as plus trop le choix ah ah.

  2. Reply
    marine

    Très émouvant ton histoire. Je crois qu’on passe tous par des moments comme ça, mais le plus important c’est de se relever, et de continuer, ce que tu as fait. Et cela prouve que tu es une vraie winneuse et pas une looser ;)

    1. Reply
      Poppykoq Post author

      Pow pow pow ! Merci Marine pour ton commentaire :) Après, je pense qu’au fond on est tous une demie loseuse / winneuse. Mais si on peut plus être la seconde option, ça serait pas mal ;)

  3. Reply
    Nuancederose

    Tu as du courage de tout exposer sur ton blog ! C’est vrai que l’éloignement dans un autre pays, un stage qui se passe mal, se retrouver sans rien faire… c’est vraiment le seum ! Mais je suis contente que tu aies réagi et que tu t’en sois sorti, c’est le principal :)
    Bisous ma belle <3

    1. Reply
      Poppykoq Post author

      Merci bien ! Je dois t’avouer que je n’étais pas très sereine au début. Mais en même temps, je me voyais mal arranger la réalité quand ça n’allait pas vraiment. Et si ça peut aider d’autres personnes alors bingo.

  4. Reply
    Patati et Patata

    Et beh dis donc, j’ai l’impression de me retrouver à 200% dans cet article! Comme toi je suis à Londres depuis Ç mois déjà, j’ai terminé mes études en septembre dernier et je suis en stage mi temps dans une startup et serveuse la moitié de la semaine. Et beh mazette c’est pas facile! Pourquoi avoir choisi de m’expatrier avec mon mec et venir vivre dans un pays différent? Fallait que je choisisse la difficiluté bien sur! Autant quand je suis serveuse je peux vriment être moi même avec mes collègues car nous venons un peu de partout et que si je fais pleins de fautes en parlant je m’en fiche, autant quand je suis au stage si je construis mal une phrase je me sens jugée. ET je n’arrive pas à être moi-même…

    Je comprends vraiment ce par quoi tu passes, mais il faut se soutenir! ;)

    1. Reply
      Poppykoq Post author

      Tu en as du courage avec ton stage et ton job. Bravo ! Mais tu as raison c’est difficile d’être toi-même malgré ton niveau à l’oral ou quoi. Pour ma part, c’est l’écrit mon point faible. Mais c’est en forgeant qu’on devient forgeron ;)

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